vendredi 8 septembre 2017

L'ancienne route d'Hennebont à Lanvéoc

Ancienne et nouvelle rues de Concarneau
Selon les historiens, la plus ancienne voie de communication connue en sud Armorique, plus de deux mille ans, passait par Trégunc, c’était la fameuse route d’Hennebont à Lanvéoc qui existait bien avant l’invasion de la Gaule ; les armées romaines construiront leurs fameuses voies romaines dont je pensais qu'aucune ne passait chez nous.

Le Dr Picquenard, érudit quimpérois, a écrit dans le bulletin 1923 de la Société archéologique du Finistère et affirme - mais il semble être bien seul - qu’une voie romaine de deuxième catégorie de Kemperlé à Concarneau a suivi le tracé de la route passant par Baye, Riec, Pont-Aven et Trégunc, mais qui devait obliquer par Kervaguer  1 pour rejoindre au nord par Bannalec la route stratégique de Kemperlé à Aquilonia (Kemper). Il suggère des étapes en Trégunc comme Vuzut (la Boissière) et le camp de Kergunus, peut-être romain. Compte tenu de l’importance des établissements romains dans notre région, sa théorie semble plausible, je laisse aux spécialistes le soin de démêler la part de vérité. Ce qui est avéré, c’est que cette route a été très utilisée dans le passé.

Au fil du temps, les Romains partis, et la Bretagne annexée à la France, elle deviendra un jour route royale, puis route n° 1 de Hennebont à Lanvéoc, puis route nationale 783 pour finir en départementale. Elle date de plus de deux millénaires, à une époque où les échanges commerciaux entre les peuplades ont commencé, Osismes à l'ouest, Vénètes à l’est, bien avant l'arrivée des Romains. La route ne s’éloigne jamais beaucoup de la mer source de nourriture, pour utiliser les terrains plats, en évitant les marécages côtiers, mais c’est sur les hauteurs qui la dominent que se sont établis nos ancêtres du néolithique, on trouve partout des traces de leur occupation, les Romains s’y établiront plus tard. Pour notre route vers Lanvéoc, faite pour les hommes et les animaux ou chariots légers, le terrain permettait de passer à gué ou sur des ponts sommaires les innombrables petits fleuves et ruisseaux, les Blavet, Scorff, Ellé, Isole, Belon, Aven, notre Minaouët, le Moros, l'Odet, pour ne citer que les ster les plus importants.

Au-delà de Pont-Aven, la route devait plus ou moins correspondre au tracé presque rectiligne actuel passant devant Rustephan, pas encore château, et entrer à Trégunc à Croas Hent Kergos, puis passer à Beg Postillon, futur relais de diligences au moyen âge, et au lieu-dit Carbon  2 assez mystérieux, pour déboucher sur notre village bien situé sur une colline dominant la mer, raison suffisante pour le choix de son établissement. Les auteurs sceptiques sur la voie romaine de deuxième catégorie semblent d’accord sur le tracé de la route de Hennebont à Lanvéoc, mais rien n’empêchait alors les Romains d’avoir utilisé un chemin existant.

Sur la carte dressée au XVIIIe siècle par la famille Cassini, deux routes s'entrecroisent entre Lanriec et Pont-Aven. Elles passent par Trégunc, l'une empierrée et bordée d'arbres, l'autre non empierrée. (image geoportail.gouv.fr)


Yves Cariou

1 Kervaguer, Kervagor aujourd'hui, est situé au nord de la commune à proximité d'une autre ancienne voie antique.
2 Carbon est formé de karr, voiture, charrette, et de pont, ancien emprunt celtique au latin pontus. Il désigne un pont permettant le passage d'une voiture ou simplement une voie pavée (d'après le site Kerofis).

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