mercredi 22 juin 2016

La famille de Vincelles

Claude Pierre Aubert seigneur de Vincelles en Auxerois, capitaine de vaisseau habitant Port-Louis, épouse Marguerite de la Rocherousse et devient ainsi seigneur de Penanrun.

Claude Pierre Aubert est le petit-fils d’Hector Aubert, seigneur de Petitmont et de Clozy en Bourgogne, conseiller du roi Louis XIV à Loches. Il est le fils de Pierre Aubert, seigneur de Vincelles et de Vincelotte, nommé en 1680 maître d’hôtel du Roi et admis dans l’ordre de la noblesse aux États de Bourgogne en 1682. Claude Pierre Aubert décède en 1745 et son épouse en 1752.

Jacques Aubert, fils de Claude Pierre, hérite et devient seigneur de Penanrun. Il est ingénieur du Roi, chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il épouse en 1740 Madeleine Jeanne Dilhuit, fille d’un procureur fiscal de Guéméné. Jacques décède en 1783 à Quimper et Madeleine, en 1786, est inhumée dans la tombe du dit lieu Penanrun.

Joseph Armand Aubert de Vincelles hérite de ses parents la seigneurie de Penanrun. Il épouse en 1778 Anne Marie Josèphe Torrec de Bassemaison, fille mineure d’un riche armateur, négociant à Quimper, écuyer et sous-lieutenant de la vénerie du roi. Ils auront sept enfants. Joseph Armand décède en 1816.

Contrairement à beaucoup de domaines, celui de Penanrun n’a pas été saisi durant la période révolutionnaire.

Petite anecdote, en août 1790 à Penanrun est célébré le mariage de Marie-Anne Guillemette Torrec de Bassemaison, sœur de Anne Marie-Josèphe, avec Jean-Marie comte de Kersauson de Penandreff, ancêtre du célèbre navigateur.

La construction du château

Jean-Marie Aubert est le fils héritier principal de Joseph Armand. Âgé de 39 ans, il épouse en 1831 Stéphanie Françoise Marie Cillart de la Villeneuve. Il est colonel d’artillerie, chevalier de l’Ordre de Saint-Louis, officier de la Légion d’honneur et directeur de l’arsenal de Rennes. Jean-Marie décède à Rennes en 1851. Sa veuve fait construire le château actuel en 1856 par l’architecte Joseph Bigot. On doit entre autres à celui-ci l’église de Trégunc en 1867, les flèches de la cathédrale de Quimper et le remaniement important du château du XIiIe siècle de Kériolet à Concarneau. Alphonse Aubert, frère de Jean-Marie, capitaine de dragon, participe à la campagne de Napoléon en Espagne et au retour de l’Empereur dans l’armée des Alpes en 1815. Il décède au manoir de Penanrun en 1845.

Amédée Aubert, héritier de Jean-Marie, se marie à Lanarvily (Finistère) en 1864 avec Marie-Camille Mathilde de Kermenguy. Ils auront sept enfants tous nés à Quimper. Il succède à son beau-père comme maire de Lanarvily de 1874 jusqu’à son décès en 1891 (il est aussi conseiller général du Finistère).

Entrée et dépendances du manoir de Penanrun


Amédée Marie Camille Aubert, fils aîné d’Amédée, est né en 1866 à Lanarvily ; il épouse à Nantes Augustine Delarue-Caron de Beaumarchais en 1892. Il hérite de son père et est appelé comte de Vincelles. Dans son domaine de Penanrun, il cultive des fraises, des asperges et est à l’avant-garde de la diversification des cultures. Très engagé dans le syndicalisme agricole, il participe activement à la création de l’Office central de Landerneau qui donne naissance en particulier à la Coopagri et à la Caisse Mutuelle, plus tard Crédit Mutuel de Bretagne.

Après son décès à Grasse en 1912, sa veuve ouvre au château de Penanrun un dispensaire pour recevoir et soigner les soldats blessés au front ; elle continuera ensuite à soigner bénévolement les gens. Arthur le Beux écrit à son sujet dans son carnet : une brave et digne dame qui a travaillé, dirigé sa ferme de Penanrun pendant de nombreuses années, allant aux marchés de Concarneau, envoyant du lait et du beurre au bourg. Elle est décédée à Casablanca chez son fils comte de Vincelles le 23 décembre 1941.

Le couple a eu cinq enfants tous nés à Penanrun. Leur fille Jacqueline, après le décès de son mari Adrien de Feraudy, mort pour la France pendant la guerre 1939-1945, a établi un refuge pour les Belges. Elle décède à Carpentras en 1995.

Pierre Moutel

Sources :
- les notes de Pascal Danielou ;
- les actes des registres paroissiaux et des registres de l’État civil ;
- le dictionnaire des familles françaises, anciennes et notables, à la fin du XIXe siècle par Gustave Chaix d’Est-Ange, XVe tome de 1917 ;
- différents sites sur Internet.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Annik la soeur de Jacqueline avec son mari Edmond Fromantin ont occupé le manoir jusque dans les années 1960 et avec leurs quatre enfants Renée, Marinette ,Yves et Edith accueillaient avec beaucoup d'affection et de générosité tous ceux qui venaient les voir .Merveilleux souvenirs de ma tante et de son mari.