mercredi 23 décembre 2015

Treuilliste à la station SNSM

A l’âge de 14 ans, Sylvain Costiou devient mousse puis cuistot et matelot sur plusieurs bateaux des armements de Concarneau. Il entre en 1976 à la SNSM de Trévignon comme treuilliste. 

Sylvain prend sa retraite de marin en 1989 et se consacre toujours à l’entretien du bateau et de la station de sauvetage de Trévignon. Faire filer et virer le canot avec son chariot, Sylvain connaît.

Une opération délicate

Le lancement du bateau de l’abri vers la mer est une opération délicate. L’ensemble doit filer régulièrement avec un contrôle manuel du frein de descente : trop rapide il y a des risques de déraillement, trop lent c’est le bateau de sauvetage qui ne se sépare pas de son chariot lorsqu'il rencontre son élément.
Le halage du bateau installé sur son chariot est plus facile à réaliser car c’est le treuil qui développe la force nécessaire de remontée à la vitesse souhaitée par l’opérateur.
Lorsqu'une urgence se présente, souvent la nuit et dans des conditions météo difficiles, le temps de manœuvre de filage du bateau doit être réalisé rapidement sans mettre en danger l’équipage qui se trouve à bord. Il faut donc une attention particulière pour réaliser cette opération et Sylvain, depuis plus de trente ans, toujours disponible à toute heure du jour et de la nuit, y consacre son art du lancement sans heurt.


La station de sauvetage en mer

Il faut un abri pour le bateau de sauvetage en mer car, à Beg Treign, les tempêtes sont rudes, comme des hordes de chiens gris, les nuages errent dans la baie 1.
Une grande maison sur pilotis au plus près de la digue et du phare, la passerelle d’accès, la rampe de lancement et de hissage du canot tout temps, tout temps également pour qualifier les équipiers de la station. Les marins de cette station et cette bâtisse lacustre construite en 1954 par les établissements Macquart, spécialistes parisiens en construction de station de sauvetage sont en symbiose.

La Pointe de Trévignon, le phare, l’abri du canot de sauvetage, le balcon sur la mer de Xavier Grall 2


Un treuil hydraulique

Pour mettre à l’eau le bateau et son chariot, ou pour les monter dans l’abri, deux rails sont installés sur la cale de lancement. La remontée du bateau dans son abri est effectuée par le treuil de hissage construit à Lorient par les établissements Laurence, devenus par la suite les Treuils Philippe. De construction mécano-soudée, le treuil est équipé d’une grande couronne dentée et d’un gros pignon, les deux taillés dans la masse par une machine spéciale. L’engrenage permet ainsi une grande multiplication de la force de halage. Le treuil mécanique installé depuis 1954 assurait la manœuvre des deux canots, le Duguay-Trouin et ensuite le Patron-François-Hervis.
Mais pour l’Ar Beg, l’actuel canot de trente tonnes avec son chariot, l’effort demandé est de six tonnes, le treuil mécanique a donc été hydraulisé en 1992 par la Société Bretagne Hydraulique de Quimper (ex-partenaire des Treuils Philippe de Lorient), afin de lui donner une force plus importante et davantage de souplesse dans la manœuvre d’approche.



Maurice Tanguy


1 Xavier Grall, Le cheval couché, éditions Hachette en 1977
2 Xavier Grall, 1930-1981, journaliste à Témoignage Chrétien et au Monde, poète, écrivain, a résidé à Tréhubert de 1968 à 1974. Billet du Monde du 7/12/1978, Les vents m’ont dit.


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