lundi 6 juillet 2015

Histoire du presbytère

Lors de la Révolution française, l'État s'appropria les biens du clergé, sans compensation. Le presbytère de Trégunc devint ainsi la propriété de l’État qui le céda au citoyen Brandon...

Ci contre, gravure datant de 1838 de la maison presbytériale, à droite, l'ancienne église avec ses deux clochers


On retrouve trace de la vente de ce presbytère dans l’acte notarial du 13 pluviose de l’an 12 (3 février 1804) entre :
le vendeur Joseph Marie Prouhet qui déclare par le présent rétrocéder au profit de la mairie de Trégunc la maison presbytériale jardin et dépendance par lui-même acquise du citoyen Brandon acquéreur lui-même de la nation ;
• l’acheteur, la commune de Trégunc, représentée par les conseillers municipaux Jean Picollec, Jean Bellec, Jean Hervé, Philibert Le Neriec, Jean Trégué, Michel Le Flao, Marc Le Pelter, Corentin Olivier, François Carduner, Guillaume Kerlan, Guillaume Ollivier, André Kerlédan et Jean Guillou, tous domiciliés à Trégunc.

Joseph Marie Prouhet était à l’époque maire de Trégunc, il apparaît uniquement en qualité de vendeur. La dite vente faite moyennant la somme de neuf cents francs en espèces métalliques ayant cours payable par les acquéreurs à la volonté du vendeur. L’acte a été signé par deux notaires de Rosporden, Joseph Marie Prouhet et André Kerlédan, les autres conseillers municipaux ont déclaré ne le savoir.

Toutefois cette vente ne sera concrétisée que seize ans plus tard par une ordonnance du roi Louis XVIII, prononcée au château des Tuileries le 6 décembre de l’an de grâce mille huit cent vingt.
Il est précisé dans cette ordonnance que le maire de Trégunc est autorisé à acquérir au nom de la fabrique 1 de cette commune du sieur Prouhet moyennant la somme de neuf cents francs et celle de cinq cents francs montant des réparations faites par le vendeur, l’ancien presbytère pour loger le desservant. Le prix de cette acquisition et des réparations sera payé sur les revenus et les fonds disponibles de la fabrique.

A noter que, dans cette ordonnance, cette maison est appelée ancien presbytère.



Ainsi, il y a seulement deux cents ans :
• le paiement de cette vente devait s’effectuer en espèces métalliques ayant cours (était-ce en or ? )
• les plus hautes instances de l’État, ici par une ordonnance royale, intervenaient pour autoriser une commune à acheter un bien immobilier ;
• seize ans séparent l’acte notarié et cette autorisation sans que le prix de vente soit modifié ;
• 12 conseillers municipaux sur 13 ne savaient pas signer ;
• la commune achète mais c’est la fabrique qui paie.

Pierre Moutel

1 La fabrique désigne le clergé et les laïcs chargés de la gestion des biens de l’église (responsabilité de la collecte et de l’administration des fonds et revenus de la paroisse).

Aucun commentaire: