mardi 6 janvier 2015

Histoire des coiffes de Trégunc

Les coiffes de Trégunc, Riec, Névez, Pont-Aven, Melgven, Concarneau et d’autres communes voisines ont la même origine : ces coiffes correspondent au territoire de GIZ FOUENN (mode de Fouesnant). 

En réalité, le lieu de rendez-vous central des populations de la GIZ FOUENN était Rosporden, d’où également l’appellation Mode de Rosporden.

Pourquoi Rosporden ? 


Cette commune, d’où partaient de nombreuses voies de communication, était un centre agricole important dans la région. Le territoire correspondant à la Giz Fouenn s’étendait sur 33 communes (31 de nos jours, suite à quelques regroupements).



La mode vestimentaire du Giz Fouenn offre une certaine unité dans son ensemble. Elle présente cependant au niveau des coiffes, des variantes selon les communes ou les groupes de communes situés sur son territoire.
La coiffe permet ainsi aux habitants d'une commune ou à d'un groupe de communes de montrer leur identité, leur différence avec les autres. La façon de disposer le fond et les ailes des coiffes change, selon que l’on habite Trégunc, Névez, Pont-Aven... Au cours des décennies, les coiffes de la Giz Fouenn ont évolué.

Quelques coiffes anciennes

Tableau réalisé par Edouard Martin




Au début du 20e siècle, la coiffe est petite et comporte deux mentonnières (lacets passant sous le menton). Puis la coiffure évolue, les ailes et la collerette prennent de l'ampleur. Après la libération en 1945, la coiffe est plus élaborée et est portée haut sur le crâne.


Des coiffes selon les usages


La coiffe de tous les jours ou KOEF AR MEZ : c'est la coiffe la plus simple, elle est constituée d'un bonnet et d'un ruban noir. Quand on va faire les courses, on y ajoute deux ailes. (photo J. Corcuff)










La coiffe du dimanche ou KOEF SUL : au bonnet de la coiffe de tous les jours, on ajoute un autre bonnet garni de deux mentonnières ainsi que deux ailes et un ruban noir ou de couleur.










La coiffe de cérémonie ou KOEF BRAS : à la coiffe du dimanche, on ajoute deux rubans blancs à l'arrière.








La coiffe de mariage : à partir des années trente, on ajoute un diadème à la coiffe de la mariée, ce qui la différencie de la coiffe de cérémonie.











La coiffe de deuil, correspondant à la coiffe primitive datant du 18e siècle, est composée d’un bonnet simple en tissu blanc avec deux rubans qui pendent sur la nuque. Des coiffes dites de grand deuil et de demi-deuil ont également existé.









La coiffe d'artisane : pour le travail dans les usines, on abandonne le costume traditionnel mais on conserve une coiffe petite et simple.










Entretien des coiffes et des cols

Il était courant de confectionner et de laver soi-même les coiffes les plus simples. Les coiffes les plus élaborées (coiffes de dimanche, de cérémonies, de mariage...) étaient créées par des professionnelles : à Concarneau, Mme Le Goff confectionnait dans son atelier et vendait coiffes, cols et costumes pour les communes de Trégunc, Lanriec, Beuzec et Melgven. Le lavage des coiffes ne présentait pas de difficultés majeures, on les trempait dans de l'eau savonneuse pour enlever l’amidon, on les rinçait plusieurs fois puis on les exposait au soleil pour les blanchir et les sécher. Il n’en allait pas de même pour le repassage qui était assuré par des professionnelles, les coiffes étaient confiées à une repasseuse attitrée car l’amidonnage était une opération délicate. Ensuite venait le montage de la coiffe qui différait selon les communes.
A Trégunc, Suzanne Séhédic, la Maison Cutilic et Jeanne Le Gall vendaient des coiffes. Plusieurs couturières en confectionnaient

Disparition des coiffes

Le port de la coiffe s'est perdu pour maintes raisons : fragilité face aux intempéries, inadaptation au travail dans le monde dit moderne, contraintes liées aux moyens de transport, évolution de la mode...

L'abandon de la coiffe s'est opéré progressivement au fur et à mesure du décès des personnes âgées.

Après la guerre de 1939-1945, un vent de modernisme a soufflé sur Trégunc et beaucoup de femmes ont abandonné la coiffe.

Mariage en 1931

Mariage en 1956


Madeleine Hélias, Paul Daden






1 commentaire:

hubert hubs a dit…

je souhaite une trés bonne année à toute l'équipe des amis du patrimoine de Trégunc
Hubert Rivoal