mardi 17 septembre 2013

L’épidémie de choléra à Trégunc en 1885

En 1885 la population de Trégunc était de 3 860 habitants se répartissant en 1029 ménages dans 993 maisons.

L’épidémie de choléra dura du 17 octobre 1885, date du premier décès d’un marin venu de Concarneau, au 19 décembre, date du dernier décès. Elle se limita au bourg, à la Pointe de Trévignon et à Curiou, soit 762 habitants exposés. Il y eut 28 personnes atteintes dont 23 décédèrent : 5 enfants ( 4 garçons et une fille) , 12 hommes et 6 femmes.
Le docteur Coffec explique dans un rapport l’énorme proportion de décès : « Je suis allé, le 10 novembre, à Trégunc. Jusque là aucune précaution n’avait été prise et je sais que, malgré nos vives recommandations, les mesures de désinfection n’ont été appliquées, après mon départ, que d’une façon incomplète. J’ai été heureux de trouver à Trégunc une ancienne religieuse de l’hôpital de Quimper, très dévouée, très intelligente et qui a fait de son mieux. Mais elle était mal secondée. Chez beaucoup elle a rencontré une résistance invincible à la désinfection et fort souvent on ne s’attachait à ne la prévenir de la maladie.
J’ai trouvé dans le bourg une rue et une cour particulièrement insalubres avec tas de fumier, matières stercorales et immondices de toutes sortes, une grande flaque d’eau croupie et, à côté, un puits qui fournit de l’eau à une grande partie du bourg. Je fis des observations au sujet de ce puits établi dans de mauvaises conditions d’hygiène et par suite si dangereux en temps d’épidémie de choléra ou de fièvre typhoïde.
C’est dans ce quartier qu’habitaient les premiers atteints, les marins venus de Concarneau. On jetait, sans désinfection, sur ces fumiers les déjections des cholériques.
La transmission de la maladie a été évidente et facile à saisir. On l’a suivie développant dans le bourg, de maison en maison, en formant dans les villages des petits foyers isolés créés par une personne venant du bourg et communiquant la maladie à des membres de sa famille. »

La rue de Saint-Philibert au bourg de Trégunc au début du 20e siecle
Le docteur Coffec avait aussi remarqué que, dans le village de Curiou, les femmes venaient au lavoir laver pèle-mêle leur linge et celui des cholériques sans précaution particulière. La municipalité décida d’interdire l’usage de ce lavoir. Les femmes allèrent laver à la mer. Le docteur crut avoir remarqué que le lavage à l’eau de mer, même des linges non désinfectés, n’avait procuré la maladie à aucune femme.

Pour mémoire : en 1883, le docteur Robert Koch parvint à isoler le bacille responsable du choléra. Il mettra en évidence le rôle primordial de l’eau dans la transmission de la maladie.

Le docteur Koch
En 1885 la population de Trégunc était de 3 860 habitants se répartissant en 1029 ménages dans 993 maisons L’épidémie de choléra à Trégunc en 1885.

Pierre Moutel

Sources
Histoire d’une épidémie Finistère 1885-86 par Henri Monod (1843-1911), Directeur de l’Assistance et de l’Hygiène publiques, ancien préfet du Finistère

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