jeudi 2 mai 2013

Nos élus au 19è siècle et quelques anecdotes…

En France différents Régimes se sont succédés pendant ce 19è siècle : Consulat, 1er Empire, Restauration, Monarchie, 2è République, Second Empire, 3è République. A l'exception de la période de la Restauration ces différents changements semblent avoir été sans influence sur les mandats des maires de Trégunc de cette époque.
1800 – 1816, Joseph Marie Prouhet, notaire.
Il avait été organisateur et cosignataire des doléances des habitants de Trégunc le 5 avril 1789 . Les Prouhet de Kerembourg ont exercé la profession de notaire à Trégunc pendant environ 2 siècles : au moins depuis 1680 date à laquelle exerçait Étienne Prouhet, jusqu'en 1887.

1816 – 1830, Philippe Balthazar de Bonnafos.
Au cimetière de Trégunc sur sa tombe il est indiqué : "Ancien capitaine au régiment royal Roussillon infanterie, Chevalier de Saint-Louis, maire de Trégunc pendant la Restauration...  décédés (lui et son épouse) à leur terre de Kerminaouët ils furent vénérés de tous ceux qui les connurent".  

1830 – 1868, Alexandre Marie Prouhet, Notaire.
En 1855 un arrêté du maire, faisant référence à l'ordonnance royale du 19 juillet 1837, précise :
"art.1 : la chandelle et la bougie ne pourront être vendues qu'au poids net ; 
art.2 : les paquets de chandelles et de bougies devront porter, sur l'enveloppe, en caractères d'un centimètre au moins de hauteur, une inscription indicative de leur poids net, enveloppe non comprise ; 
art.3 : les contrevenants du présent arrêté seront poursuivis conformément à la loi." 

Aucun autre arrêté ne semble avoir été pris entre 1850 et 1855, ce qui montre l'importance de celui-ci pour les habitants de Trégunc !
Le 14 juillet 1860 Alexandre Marie Prouhet est nommé maire de Trégunc par décret de l’Empereur Napoléon III. Tous les conseillers municipaux ont prononcé la formule : "Je jure fidélité à l’Empereur et obéissance à la Constitution". 
Il décède le 8 avril 1868.

1868 – 1871, Yves Sellin.
Suite au décès en cours de mandat d'Alexandre Marie Prouhet, Yves Sellin, 1er adjoint, assure par intérim les fonctions de maire et d'officier d'Etat-Civil.

1871 – 1878, Joseph Marie de la Lande de Calan.

1878 – 1887, Joseph Marie Prouhet, notaire.
Lors de l'épidémie de choléra de 1885 il interdira l'usage du lavoir de Curiou, les femmes du hameau y ayant lavé pêle-mêle leur linge et celui des cholériques sans précaution particulière. Il décède le 6 mai 1887.

1887 – 1888 Jean-Marie Le Mat, cultivateur, 1er  adjoint lors du décès du maire, assurera l'intérim jusqu'aux élections suivantes.

1888 – 1890 Henri Ponthier de Chamaillard, avocat à Quimper.
Il se présente et sera élu aux élections dans 2 communes : Elliant (révoqué) et Trégunc. Il sera élu comme maire de Trégunc.
Dans une note les services du Préfet du 11 avril 1889 indiquent : "De Chamaillard, maire, réactionnaire militant, avocat à Quimper". Lors du Pardon de Trégunc de 1890 il voulut interdire à la musique scolaire de Concarneau de se produire. A la demande de plusieurs assistants la musique se retira dans une cour particulière et joua deux fois la Marseillaise.
Il sera suspendu par arrêté du 30 avril 1890 de ses fonctions de maire pour avoir crié, à plusieurs reprises, sur la voie publique à Quimper : "Vive le Roi ". Il sera révoqué par décret du Président de la République le 8 mai 1890.
Il sera ensuite, de 1897 à 1908, sénateur du Finistère. Il s'opposera, lors de la mise en forme de la loi de 1905 de la séparation des Églises et de l'État, en particulier à Émile Combes (les 6 sénateurs du Finistère votèrent contre cette loi). De l'avis de ses amis et de ses adversaires il était un excellent orateur.

1890 – 1891, Charles de Calan. Il démissionne en 1891 pour raison de santé.

1891 – 1898, Jean-Marie Le Mat.
Il décède le 24 décembre 1898.

En janvier 1899 Marc Quentel est élu maire et assumera la fonction jusqu'en 1920. En 1900 il prendra un arrêté précisant "que la coupe du goémon sera prohibée dans les grèves de Trégunc... Cette coupe n'aura plus jamais lieu parce que les poissons et crustacés sont détruits par cette coupe".

Le XIXè siècle aura été marqué par la fonction de maire assurée par :

  • la famille Prouhet pendant 63 ans,
  • la famille de Bonnafos/de Calan pendant 23ans, 
  •  soit seulement par deux familles pendant 86 ans !
    Cela mérite un bref rappel concernant la nomination des maires des petites communes au 19è siècle :

  • à partir du 17 février 1800 l'appellation de maire remplace celle d'agent municipal créé en 1795. Ce dernier était placé sous l'autorité du "président de la municipalité cantonale ". Les maires sont alors désignés par le préfet.
  • de 1848 à 1851 les maires sont élus par le conseil municipal.
  • de 1851 à 1882 les maires sont à nouveau nommés par le préfet.
  • depuis 1882 les maires sont élus par le conseil municipal.
  • Pierre Moutel

    Bibliographie :
    Archives municipales de Trégunc
    Les dessous des municipales en sud-Finistère de Daniel Picol édition Arthémus (pour la période de 1888 à 1890)

    Henri Ponthier de Chamaillard



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