jeudi 15 novembre 2012

Pouldohan de 1950 à 1997
Le cimetière des bateaux, le Centre Nautique

Le Village de Pouldohan

C'est l'anse qui a donné son nom à ce lieu-dit. Poul (étendue d'eau ou trou avec de l'eau) et dohan ou plutôt dorhan (loutre – la loutre existait au Minaouët et à Porz an Halen). Les habitants du village prononcent « Pouldorn ».

Havre de paix, en 1800 il n'y avait que deux fermes : Pen Ker Traon ( ferme Sancéo) et Pen ker Laë (fermes des Guyader et Cariou).

Vers 1945 un riverain de Ster Greich avait construit une piscine sur la rive Nord de l'anse. Celle-ci était alimentée en eau de mer lors des fortes marées. Aujourd'hui, cette piscine a été comblée pour assurer la continuité du sentier côtier.
Avant les années 60, combien de marins-pêcheurs ont défié les douaniers en faisant un barrage de filet, une nuit de pleine de lune, et récolté à même le sable une pêche miraculeuse.
Claude Bessy, directrice et danseuse étoile de l'Opéra de Paris, à séjournée dans la petite chaumière de la ferme de Pen Ker Traon.

A remarquer, le village près de l'anse était à l'abri des tempêtes. Aujourd'hui, le village compte plus de 120 habitations et il n'y a plus de ferme, mais un centre de vacance des PTT devenu Azuréva, et la Maison de la Mer.

L'Anse, le cimetière de bateaux

L'anse de Pouldohan est devenu depuis 1950 et en quelques années le « dépotoir » du port de Concarneau. En effet, les armateurs et les responsables du port, ont trouvé très pratique de se débarrasser, lors des grandes marées, de leurs bateaux en bois désarmés, sans que la population de Trégunc ne proteste. Nous sommes sur le domaine maritime.
Les habitants et les bricoleurs de Trégunc étaient bien contents de s'approvisionner, au moindre frais, de planches de cale et poutres en chêne, pour réaliser leurs « kardi » (hangar, abri, ou poulailler).
Plus d'une vingtaine de bateaux de toutes tailles ont ainsi été stockés sur les deux rives de l'anse. Au Pouldu (Porz Bleiz pour certains) sur le bras de mer du Minaouët il y avait également plusieurs bateaux. “ Le cimetière des bateaux“ a ainsi inspiré plusieurs peintres et photographes.
En 1961, il ne reste plus que les membrures et les quilles ensablées. Plusieurs épaves gênent la navigation dans l'anse. Ces épaves ne sont plus les bienvenues (Le Conseil Municipal du 16 juin 1962), C'est le Centre Nautique, récemment crée, qui va se charger de regrouper ces épaves sur la rive gauche de l'anse.
La technique de déplacement des épaves est simple. Il suffit de quelques bidons de 200 litres vide, mais rempli d'air, solidement fixés aux épaves à marée basse, ensuite il faut attendre la grande marée haute pour déplacer aisément les restes du bateau.

Ces carcasses n'ont pas été enlevées, certaines ont été brûlées en partie, et ensuite c'est la mer et le temps qui feront leur œuvre d'érosion. Aujourd'hui, il reste quelques vestiges de cette époque.

1961 : Les bidons de 200 litres sont prêts à être fixés aux épaves afin de les déplacer.


 Le Centre Nautique de Pouldohan. 1960-1970

Le Centre des Glénan, première école de voile de Philippe et Hélène Vianney, crée une émulation dans la région. Il y a une volonté de démocratiser la voile. Madame Le Bec institutrice à l'école des filles de Trégunc demande à Jean Lozac'h, instituteur, d'organiser un stage de mer pour ses élèves du cours ménager. En 1960 le Centre Nautique et de Plein Air (CNPA) est crée à Pouldohan avec comme premier voilier “ Le Bichic » de Jean Lozac'h et la pinasse “ Petit Xavier“ d'Emile Furic, ce dernier, authentique marin local assurait la sécurité en mer avec son chien“Youki“, la mascotte du centre de voile.

1961 : Jean Lozac'h et son Bichic ayant servi aux premiers cours de voile

Le Centre s'adresse d'abord aux jeunes de Trégunc, et se développe rapidement aux stagiaires de toute la France, plutôt étudiants et enseignants.
Il y a quelques jeunes de Trégunc en période creuse.

1961 : Les premiers stagiaires Tréguncois du centre.
On reconnaît Hervé Picollec, Claude Le Bec,
Marco Jaffrézic, Bernard Pézennec et Jojo Martin

Il faut désormais une structure d'accueil. Jean Lozac'h va prendre son bâton de pèlerin pour trouver le financement d'une telle opération auprès des Œuvres Laïques du sud Finistère: achat du terrain Daniélou, construction du réfectoire qui servait de salle
de cours, un dortoir pour les moniteurs, des sanitaires. Ce bâtiment sera démoli en 1997.
En 1964 un autre bâtiment sera construit à l'entrée du centre pour l'hivernage et la réparation des bateaux. Ce bâtiment deviendra en 1998 “La Maison de la Mer“.

Les premiers moniteurs, formés dans la baie, encadrent les stagiaires de plus en plus nombreux, cela donne une activité importante au village. La cohabitation avec l'école des Glénan est harmonieuse. Certains stagiaires, refusés aux Glénan se retrouvent à Pouldohan.

1961 : Les premières caravelles construites
par le Chantier Stéphan de Concarneau,
et la vedette de surveillance
avec Émile Furic et Jean-Yves Yan

Porz-An-Halen (Port du sel) est baptisé “ Le Congo“ en référence au livre d'Hergé “Tintin au Congo“. De par sa végétation luxuriante et sa vase très collante l'émission Koh Lanta de TF1 aurait pu s'y dérouler.
1961 c'est aussi la première fête nautique organisée avec des régates sur la plage de Porz Breign, les dunes sont encore en bon état. Le public nombreux est au rendez-vous de cette compétition entre “voileux“. La cohabitation avec les marins-pêcheurs de Porz Breign est conviviale.

1961 : La première fête nautique sur la dune de Pors Breign.
On reconnaît Jérome Goarant et Victorine Guernalec née Ollivier.
La dune est encore existante.

Le Centre investit sur plusieurs années dans une flotte de 30 vauriens, 11 caravelles et 3 corsaires. Cela crée une animation importante à Pouldohan.
Les cours de navigation à la voile sont dispensés au centre, et se pratiquent dans la baie. La corvée de pluche est obligatoire avant de rejoindre le réfectoire. Animation le soir avant de se glisser dans le sac de couchage sous la tente installée sur ce terrain.
De virées de bord on passe facilement aux “virées“. Avec trois bistrots à Pouldohan, il y a du tangage et du roulis et pas qu'en mer. Le Bar des Voiliers de chez Lulu fonctionne à fond, on y passe en boucle les chansons à succès de l'époque et notamment celle de Josette Marty (Josette Martin, groupie, habilleuse et secrétaire du fan club de Claude François, et bien sûr petite fille d'Édouard Martin du bourg, et frère de Phine Jany).
Le 17 juillet 1964, une horde de jeunes stagiaires déboulent à pied à Concarneau pour assister au concert exceptionnel de Cloclo au théâtre de verdure du petit château de la ville close.

Les marins-pêcheurs locaux retrouvent une seconde jeunesse, délaissent partiellement le bistrot pittoresque de Louis Tourist (Le cabanon de Louis Morange est installé sur la dune), et le bistrot, et plus tard le restaurant de Danièle Martin et Jacques Marot, son époux, sur la route de Pendruc.

1965 : Le bistrot cabanon et Louis Morange dit Louis Tourist
et Émile Furic sur la dune de Pouldohan.


 La fin du Centre Nautique 1980-1997

Mais l'euphorie retombe rapidement, en 1980 les difficultés financières s'accumulent, le centre vivote. En mars 1991, lors d'un conseil municipal houleux, le CNPA dépose le bilan et sera repris par Artes.
Mais l'espoir de relance de l'activité voile à Pouldohan s'affaiblit, puisqu'en décembre 1997, la municipalité, dont le Maire est Jean Lozac'h, reprend le centre nautique qu'il avait contribué à créer et à développer.
C'est la fin d'une aventure extraordinaire et d'une activité nautique intense à Pouldohan. Le bâtiment du réfectoire sera démoli et le hangar sera rénové pour devenir “ La Maison de la Mer“ telle qu'elle est aujourd'hui.


 Une nouvelle Ecole de Voile à Pouldohan.

En 1995 Élie Péron, crée Trégunc-Voiles à Pouldohan.Il anime avec sa famille des activités nautiques le samedi après-midi en période scolaire. Elles s'adressent aux jeunes de plus de 7 ans de la région. Encadrés par des moniteurs diplômés d'état, ils peuvent aussi pratiquer la planche à voile et le catamaran.
Ces activités ainsi créées par Elie Péron prolongèrent avec une satisfaction attendue celles du centre nautique de Porz-An-Halen.

Maurice Tanguy « les Amis du Patrimoine »

Sources bibliographiques :
Les archives et photos de M. Jean Lozac'h et Émile Furic.
Les souvenirs des stagiaires Tréguncois.

1969 : Jean-Paul Ollivier (FR3 Rennes) interviewant
Émile Furic 
à Pouldohan




Interview Emile FURIC, responsable technique du centre, et François ROUDOT, directeur.

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