jeudi 16 février 2012

L’assassinat du député Jean Julien Marie ROBERT

Jean Julien Marie ROBERT, né à Trégunc en 1756, fut cosignataire des doléances des habitants de Trégunc et fut désigné pour les représenter à l'assemblée de Concarneau. Il fut assassiné le 18 floréal an IV.


Jean Julien Marie ROBERT est né au bourg de Trégunc le 4 novembre 1756, fils de Vincent Pierre ROBERT Notaire Royal et de Marie Jeanne Follic

Jean ROBERT était, au titre de Notaire Royal, cosignataire des doléances des habitants de Trégunc du 5 avril 1789. Il fut désigné (avec 4 autres notables) par les habitants de Trégunc pour les représenter à l’assemblée tenue le 6 avril 1789 à Concarneau.  En 1796 Jean Julien Marie ROBERT  était Notaire Public et Président de l’administration du canton. Il résidait au bourg de Trégunc comme indiqué sur l’acte de décès du 6 mai 1796 ci-après :

"Aujourd’hui dix huit floréal l’an quatrième de la République à neuf heures du matin ont comparu devant moi soussigné en la maison commune Jean Placide Laurans cabaretier âgé de quarante quatre ans et Joseph Rioual journalier âgé de quarante ans du bourg de cette commune lesquels m’ont déclaré que Jean Julien Marie Robert notaire public âgé de trente neuf ans fils de feus Vincent Pierre et Marie Jeanne Follic a été assassiné dans la cour de sa demeure au bourg de cette commune sous mon seing les déclarans ne sachant signer les dits jour et an.
Signature : Hamon (off.public)"


Dans "La révolution à Concarneau" (fascicule) Michel Gueguen reproduit le rapport de l’agent municipal de Trégunc au District et repris ci-après :

"Nous sommes prévenus ce matin de l’assassinat du citoyen Robert. Nous nous sommes transportés avec le juge de paix au bourg de Trégunc et avons trouvé le citoyen Robert, président de l’administration du canton, étendu mort à sa porte. Il a reçu quatre coups de feu et un coup d’instrument tranchant à la poitrine.

Il résulte des informations prises que 12 à 14 malveillants armés de fusils et de pistolets se sont présentés à la porte dudit Robert entre 11h1/2 et minuit, qu’ils ont dit être une force armée et qu’ils avaient un paquet à lui remettre de la part de l’Administration de Concarneau.

Robert s’est de suite levé. Sur ce qu’il n’ouvrait point la porte, on l’a enfoncée. De suite il a été saisi et conduit en dehors de sa porte donnant sur la cour où il a été mutilé de la manière ci-dessus. Il a été pris dans sa maison deux couverts d’argent et un fusil à un coup.

Avant de se présenter chez Robert, ces brigands ont été chez le citoyen Martin, aubergiste, dans le dessein de l’assassiner mais il s’est heureusement échappé. Sa femme a été menacée. On a pris dans cette maison 240 livres en numéraires et 600 livres en assignats, fait couler le cidre dans lequel on a jeté le pain de froment boulangé pour la foire de Pont-Aven.

Dans la maison, ils ont pris une hache pour couper l’arbre de la Liberté en quittant le bourg. Ils ont pris la route qui conduit à Melgven, canton de Kernével. . . . . un seul d’entre eux était en habit de paysan et les autres sous divers gilets, culottes longues et chapeaux rabattus.
"

Sur le site topic-topos.com il est indiqué qu’en 1796 "l’arbre de la liberté est abattu et le maire fusillé par les chouans". Est-ce les chouans qui ont assassiné Robert ? c’est à vérifier.

Pierre Moutel "Les Amis du Patrimoine"

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