jeudi 16 juin 2011

Le château fortifié de Kergunus

D’après les ruines, encore existantes en 1906, le chanoine Abgrall a estimé que ce château devait dater du 10ème siècle ou du 11ème. Qu’en reste-t-il ?

Pour situer ce château, ce notable chanoine, à qui l’on doit de nombreux inventaires archéologiques, précisait : "...à un kilomètre au Nord du bourg de Trégunc, à 400 mètres au-delà du grand menhir de Kerangallou, s’étend le bois taillis de Kergunus. La route de Melgven le traverse dans sa largeur... A la lisière Nord de ce taillis, du côté Est du chemin, tout près du ruisseau du Moulin...".

Ce bois taillis existe toujours et conserve jalousement l’emplacement exact de ce fameux château !

La seigneurerie de Kergunus appartenait au 14ème siècle aux seigneurs de Kerymerc'h (de Bannalec). Elle échut en 1603 à la branche aînée de la famille de Guer. Dans une lettre de juin 1657 Louis XIV élève Alain de Guer à la dignité de marquis de Pont-Callec :
" ...étant informé que notre aimé et féal Alain de Guer, chevalier seigneur de Pont-Callec, de la Porte Neuve, du Hénan, de Kergunus et de plusieurs autres belles terres est issu par succession de Guer, de Malestroit et de Cornouaille désirant reconnaître en sa personne les services illustres de ses prédécesseurs... nous de notre propre mouvement et grâce spéciale, pleine jouissance et autorité royale, avons créé et érigé la dite terre de Pont-Callec, en titre et dignité de marquisat. Donné à la Fère en Picardie, au mois de juin, l’an de grâce mil six cent cinquante sept de notre règne le quatorze – signé Louis ".

Après des revers de fortune Alain de Guer fait démission auprès de son fils aîné, veuf en 1677 il entre en religion et devient recteur de Riec puis de Moelan .
C’est le 3ème marquis de Pont-Callec, Chrisogone Clément de Guer, qui est le plus connu. Il fut accusé avec d’autres gentilshommes bretons d’avoir projeté de traiter avec une puissance étrangère (l’Espagne) et de s’être opposé à main armée à la levée des deniers du roi. Il fut décapité à Nantes en 1720. Armand Corentin de Guer, son neveu, sans descendance adopte son filleul Armand de Bruc le 2 thermidor de l’an II (20 juillet 1794) qui devient son héritier.
Kergunus était, sous l’Ancien Régime, une juridiction . Le sénéchal (officier de justice) achetait sa charge au seigneur. Les pouvoirs d’une telle juridiction étaient très limités : nomination de tuteur, décret de mariage, règlement de succession...
Sur un acte de mariage du 18 février 1789 il est noté un décret de justice prononcé par la juridiction de Kergunus : preuve que cette juridiction existait encore au XVIIIe siècle.

Les Archives Départementales du Finistère n’ont que quelques actes de cette juridiction, presque tous illisibles.

Armand de Bruc a vendu Pont-Callec en 1825 et le domaine de la Porte Neuve à Riec en 1834. A-t-il vendu aussi à la même époque Kergunus ? A quelle date ce château a-t-il été abandonné ?

Les Amis du Patrimoine sont preneurs de toute information sur ce château de Kergunus .

Pierre Moutel, « les amis du patrimoine »

Bibliographie :
« vestiges du vieux château de Kergunus en Trégunc » du chanoine J.M Abgrall
« les seigneurs de Pont-Callec et de la Porte Neuve » de Gilbert Baudry
Des actes de la juridiction de Kergunus (Archives Départementales du Finistère)


J'ai relevé dans le "dictionnaire topographique du Finistère" d'Albert Deshaies Edition Coop Breiz les indications suivantes concernant l’écriture de Kergunus :
-Kaerkennus,1086,(CQ)
-Kaergugnus,1426,(réf.nob.bret.)
-Kergunuz,1524,(A.62)
-Kergunu,1623,(144G15)
-Kergunus,1667,(144G16)
Ce dictionnaire indique la date et entre parenthèses ses sources.

Pierre Moutel - Les amis du patrimoine de Trégunc

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